"Vise la lune, si tu la rates, tu récolteras au moins les étoiles"


"Shoot for the moon. Even if you miss, you'll land amoung the stars".

Documentary about Johanne Cavarec, female boxer.

J’ai commencé à suivre Johanne Cavarec en 2012. Cette boxeuse d’origine bretonne était en lice pour l’Urban Boxing. « Elle a une histoire » m’avait dit l’organisateur de l’évènement, « une vraie leçon de vie ! Je la surnomme Lucky Jo, tu comprendras pourquoi ». 
Ce sport, elle l’a commencé à 14 ans en découvrant les boxeuses américaines dans des magazines spécialisés. Elle donne naissance à son fils à 18 ans, reprend son sport, puis arrête à nouveau une année pour cause de cornée déchirée. En 2008 elle quitte sa Bretagne natale pour Marseille, pour donner un nouveau souffle à son ascension sportive, tenter le tout pour le tout, se faire un nom et si possible une carrière. Mère célibataire, elle se confronte à l’isolement, enchaîne les jobs à temps partiels, s’entraîne chaque soir au prix d’1h30 de trajets pour rejoindre la salle de Saint-Jérôme. D'abord Championne de France amateur en 2010, elle est sacrée championne de France pros en 2015. 
Précarité, déclin de la qualité et du nombre d’évènements, cachets de misère… Johanne poursuit son évolution dans les sports de combats en tentant de mieux vivre dans sa vie quotidienne. Coach, entraîneur pour les particuliers, elle trouve finalement sa bouffée d’air en étant palefrenière dans un centre équestre dans les quartiers nord Marseille. 
Sur fond de crise et de boxe féminine, l’histoire singulière de Johanne donne un visage aux centaines d’autres Lucky Jo et questionne la place que l’on accorde aux sportifs de haut niveau. 
Souvent laissés-pour-compte, envers et contre tout, ils font de leur passion un vrai chemin de vie.

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I started following Johanne in 2012. She was a contender for Urban Boxing. The event organizer told me “She has a story, a true lesson for life! I nicknamed her Lucky Jo and you’ll understand why”. Johanne is a professional boxer who began this sport when she was 14 years old. After pausing to give birth to her son when she was 18, she took up the sport again but then stopped for one year due to corneal damage. In 2008 she left her native Brittany and headed for Marseille to breathe new life into her quest as an athlete. Being a single mother, she was faced with the hard reality of solitude, going from one part time job to another, traveling 1 ½ hours every night to get to the gym at Saint Jérôme, depending only on herself to care for her son. Living with insecurity, facing the drop in the number and quality of boxing events, accepting miserable pay… the economic crisis along with the world of women’s boxing, Johanne’s individual story paints a picture similar to hundreds of other Lucky Jo’s. They are the ones who are overlooked, whose misfortune is what makes them strong. Except for a handful of star athletes, most of them hang on to every crumb they can get. A sacrifice for all their hard work. 


LUCKY JO a fait l'objet d'une exposition individuelle au Gleason's à New York en mai 2017.

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